Poèmes

Automne

La rivière s’écoule avec lenteur. Ses eaux
Murmurent, près du bord, aux souches des vieux aulnes
Oui se teignent de sang ; de hauts peupliers jaunes
Sèment leurs feuilles d’or parmi les blonds roseaux.

Le vent léger, qui croise en mobile réseaux
Ses rides d’argent clair, laisse de sombres zones

Où les arbres, plongeant leurs dômes et leurs cônes,
Tremblent, comme agités par des milliers d’oiseaux.

Par instants se répète un cri grêle de grive.
Et lancé brusquement des herbes de la rive,
étincelle un joyau dans l’air limpide et bleu

Un chant aigu prolonge une note stridente
C’est le martin-pêcheur qui fuit d’une aile ardente
Dans un furtif rayon d’émeraude et de feu.

Courrière, 1875

La Feuille

De la tige détachée.
Pauvre feuille desséchée.
Où vas-tu ? Je n’en sais rien.
L’orage a frappé le chêne
Qui seul était mon soutien,
De son inconstante haleine,
Le zéphyr ou l’aquilin
Depuis ce jour me promène
De la forêt à la plaine,
De la montagne au vallon.
Je vais où le vent me mène.
Sans me plaindre ou m’effrayer;
Je vais où va toute chose.
Où va la feuille de rose
Et à la feuille de laurier.

Antoine-Vincent Amault

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