Poèmes d’automne

Vagabondages

L’aurore automnale amène la nostalgie
De la Bretagne et de son ocre névralgie
La campagne y commence l’effilochement
Au quotidien de sa couverture verte

Le début du crépusculaire épanchement
Des feuillages dont la Vitalité offerte
Se posera, dense, comme l’effigie brune
de la vie en déclin, sa substance importune

Kireran WALL

Roses d'automne

Au branches que l’air rouille et que le gel mordoré.
Comme par un prodige inouï du soleil,
avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur cœur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.

Nérée Beauchemin

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